Puériculture : une institution en danger

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L’institut de puériculture et de périnatalogie de Paris, établissement historique, risque l’éclatement de ses services. Une fermeture qui chamboulerait l’accompagnement des jeunes parents dans la région. Devant la menace de fermeture imminente, un appel à la grève a été lancé pour le 5 mai 2011.

Quand l’hôpital public paye les pots cassés

On savait déjà l’hôpital public en danger. En 2008, la loi Bachelot (« patient, santé, territoire ») a entériné la politique de rendement-à-tout-prix qui sévissait déjà dans la gestion des hôpitaux. Personnel découragé, médecine à plusieurs vitesses, politique de mise en concurrence des établissements, effectifs réduits… Depuis quelques années donc, nous assistons aux fermetures bien trop fréquentes des hôpitaux publics, au profit du privé. En janvier le Mouvement de défense de l’hôpital public (MDHP) a tiré la sonnette d’alarme, dénonçant notamment la saturation des services de réanimation des hôpitaux parisiens, contraints de refuser des patients faute de place.

L’institut de puériculture et de périnatalogie de Paris dans l’impasse

Prochain établissement sur la sellette : l’institut de puériculture et de périnatalogie de Paris (IPP) menacé de fermeture pure et simple avec éclatement des services dans différents pôles hospitaliers parisiens. L’IPP est un établissement pionnier en ce qui concerne la recherche et les soins en périnatalogie. Il propose des services absolument indispensables dans la région :

– Le service de guidance infantile, créé en 1959, qui « a promu la psychiatrie de liaison avec les services de néonatologie (réanimation, soins intensifs et pédiatrie), le service de maternité spécialisé, (…) les crèches et les structures de soins spécialisés. »

L’hôpital de jour des très jeunes enfants qui constitue l’un des premiers lieux de soins notamment destinés aux prématurés.

Sa fermeture constituerait donc un grave recul dans l’accompagnement des jeunes parents en île de France.



Nous avons voulu donner la parole à Lydie Ethevenet, responsable du comité d’entreprise de l’IPP.

Coté Mômes : L’IPP fait l’objet d’une procédure de conciliation avec le Tribunal de Grande Instance depuis décembre 2010. Quelles sont ses perspectives d’avenir?

Lydie Ethevenet : Il existe une réelle menace de liquidation judiciaire pour l’établissement. Le service gynéco-obstétrique de l’IPP a déjà été transféré en 2007 à l’assistance publique des hôpitaux de Paris (PHP). D’ici 2013, il est prévu que tous nos services soient transférés. Mais compte tenu de la situation financière de l’institut, on ne pourra pas tenir jusque-là.


Quelles seraient les conséquences de ce transfert ?

Tout l’enjeu est de savoir comment l’agence régionale (ndlr : l’organisme financeur) compte répartir les services de manière à répondre à la demande de soins. Je suis très pessimiste… Aujourd’hui, tous les hôpitaux de la région ne peuvent pas répondre à la demande et font appel à nous.


Vous avez mis en ligne une pétition. Qu’attendez-vous de ce soutien externe ?

C’est un moyen de montrer l’intérêt et le caractère indispensable de notre établissement. Nos services sont porteurs de projets d’avenir. Personnel et patients tiennent à ce que l’activité de l’IPP perdure.

La dernière ligne droite: Appel à la grève le 5 mai 2011

La procédure de conciliation dont l’IPP fait l’objet connaitra en partie son issue avec le rapport qui sera rendu le 9 mai 2011.

Il existe une réelle menace de liquidation judiciaire pour l’établissement, avec l’impact sur l’ensemble des activités, les emplois, l’offre et la prestation de soins si la procédure n’aboutit pas.

Selon nos informations, aujourd’hui un accord de conciliation n’est toujours pas trouvé.

Dans ce contexte, les salariés seront en grève le jeudi 5 mai 2011 à partir de 9 heures et pour une durée illimitée avec les revendications suivantes :

• Le transfert anticipé du centre périnatal de l’IPP à l’hôpital Necker dans le périmètre des emplois prévu dans le rapport de la mission d’appui et de conseil auprès de l’IPP établi en septembre 2010, dont ceux des services annexes et des laboratoires

• Le respect des engagements de l’ARS au regard de la garantie d’un emploi pour tous les salariés de l’IPP

Un délégation des représentants du personnel a demandé a être reçue par le Ministère de la Santé (Pôle Santé, 127 rue de Grenelle ,Paris 7e).

Soutenez l’IPP, signez la pétition.

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